Le cancer du col de l’utérus touche chaque année plus de 3 000 femmes. Mais, grâce au dépistage, 90 % de ces cancers pourraient être évités.

Le dépistage permet, en effet, de détecter d’éventuelles lésions et de les soigner avant qu’elles ne se transforment en cancer. Ainsi, chaque année, ce sont 31 000 lésions précancéreuses qui sont repérées. Si un cancer est détecté, ce sera le plus souvent à un stade précoce. Les soins seront moins lourds et permettront davantage d’éviter des complications.

En pratique :

  • Un frottis doit être réalisé tous les 3 ans après 2 frottis normaux réalisés à 1 an d’intervalle.
  • Cet examen peut être effectué par un gynécologue, un médecin généraliste ou une sage-femme, dans un centre de santé, un centre de planification familiale ou dans un laboratoire d’analyses médicales (sur prescription d’un médecin).

Son coût comprend le prix de la consultation et 15,40 euros pour la lecture du frottis. Il est pris en charge dans les conditions habituelles par la caisse d’assurance maladie (70 %). Le reste est remboursé par la mutuelle santé.Entre 2 frottis, il est important de rester attentive à certains symptômes et de consulter un médecin si ceux-ci persistent.

La présence de ces symptômes n’insinue pas forcément la présence d’un cancer. Cependant, ils doivent inciter à consulter un médecin s’ils persistent, s’ils sont inhabituels ou inexpliqués.

  • Changements ou manifestations physiques (importantes sueurs nocturnes, changement inhabituel d’un sein, perte de poids inexpliquée, nouveau grain de beauté ou évolution d’un grain de beauté, apparition d’une grosseur ou d’un gonflement, voix rauque ou enrouée, difficultés à avaler).
  • Saignements (saignements vaginaux inexpliqués, sang dans les selles, sang dans les urines, tousser ou cracher du sang).
  • Problèmes digestifs ou urinaires (selles plus fréquentes, ballonnements persistants, problèmes digestifs ou brûlures d’estomac persistants, problème urinaire).
  • Problèmes respiratoires ou de la bouche (essoufflement, ulcération de la bouche qui ne passe pas, toux persistante).
  • Douleurs (douleurs inexpliquées ou ne passant pas).

Les cancers du col de l’utérus sont principalement provoqués par des virus de la famille des papillomavirus humains (HPV) ; ces virus se transmettent par voie sexuelle. En général, le corps parvient à les éliminer mais, dans certains cas, ces infections peuvent persister et provoquer des lésions au niveau du col de l’utérus, susceptibles d’évoluer à terme vers un cancer. Il existe deux moyens complémentaires de limiter ce risque : le frottis de dépistage tous les trois ans pour les femmes de 25 à 65 ans et la vaccination anti-HPV pour les jeunes filles à partir de 11 ans.

La vaccination est recommandée dès 11 ans.

Elle permet :

– une plus grande efficacité sur les plus jeunes
– la possibilité de profiter du rendez-vous vaccinal pour le rappel dTcaP (diphtérie-tétanos-coqueluche-poliomyélite) prévu entre 11 et 13 ans
– la simplicité d’une vaccination à seulement deux doses.

Un rattrapage est possible jusqu’à l’âge de 20 ans (19 ans révolus).

La vaccination contre les HPV peut être prescrite par un médecin ou une sage-femme. Elle peut ensuite être réalisée par le médecin, la sage-femme, ou par un infirmier sur prescription médicale. Les  services de vaccination du secteur public (municipaux ou départementaux) peuvent également la proposer gratuitement.

De très bons résultats d’efficacité de ces vaccins ont été observés, par le biais d’essais cliniques. Ils portent sur la protection contre les infections par les virus HPV  et sur les lésions précancéreuses associées. Ainsi, les pays comme l’Angleterre et l’Australie, qui ont mis en place des programmes de vaccination contre les HPV généralisés depuis 2007 et qui connaissent des couvertures élevées (70-80 %), ont noté une diminution importante du nombre de cas de lésions précancéreuses du col de l’utérus chez les jeunes femmes.

Source: www.e-cancer.fr