Au milieu des années 50 germe l’idée d’ouvrir un centre de lutte contre le Cancer dans la capitale bourguignonne. Le projet est confié au Pr Ferdinand Cabanne, alors responsable de l’enseignement de l’anatomie pathologique à l’École nationale de médecine de Dijon. Le 6 décembre 1957, un conseil d’administration est constitué par le préfet, qui en devient président conformément à l’ordonnance de 1945. Le Pr Cabanne va jouer le rôle de concepteur et coordinateur du chantier, avant d’être nommé directeur de l’établissement.

Historique des lieux

En 1960, le Centre hospitalier de Dijon vend 14 000 m² de terres et jardins qui accueilleront le Centre de Lutte Contre le Cancer. L’avant-projet prévoyait: 3 millions de francs d’équipement et 7 millions de francs de travaux. Le financement se composait à: 60 % de subventions de l’État (Ministère des affaires sociales), 20 % de la Caisse régionale de Sécurité Sociale, 10% du Département et 10% de la Ville de Dijon. Le coût définitif sera de 9 millions de francs.

A l’origine, le bâtiment à construire répond aux critères suivants :
– une structure de quatre étages et deux sous-sols
– parallèle et relié au centre hospitalier tout proche par une galerie souterraine de 180 m de long
– une superficie totale de 7000 m².

Avec une capacité de 100 lits sur trois unités d’hospitalisation, on espère recevoir 25 % des malades allant à Lyon ou Paris.

Dates clés

Avril 1965: le Centre prend le nom de Georges-François Leclerc en hommage au médecin dijonnais qui fut un des pionniers de la recherche anti-cancéreuse dans le département et fondateur de la Ligue bourguignonne Contre le Cancer.

Juillet 1966 : le CGFL accueille ses premiers patients dans le seul service de radiothérapie de la région.

11 janvier 1967: le CGFL fonctionne en totalité

16 octobre 1967: inauguration officielle du CGFL

Les premiers CLCC

En 1921, la Fondation Curie est créée et l’Assistance Publique de Paris met en place six services de traitement du cancer. En 1922, le Ministre de l’hygiène institue une commission du cancer. Un an plus tard, un budget spécifique est alloué aux hôpitaux pour l’appareillage destiné à la lutte contre le cancer.

Au cours des années 20, 14 centres spécialisés vont voir le jour.

Le 1er octobre 1945, une ordonnance du Général de Gaulle définit précisément l’organisation des Centres de Lutte Contre le Cancer, en accordant l’autonomie de ces structures, les érigeant en établissements privés ayant la capacité d’utilité publique.

Il existe aujourd’hui 20 Centres de Lutte Contre le Cancer en France, référents régionaux de la cancérologie. Répartis dans 17 régions, ils sont regroupés en une Fédération nationale, Unicancer.

Evolution chirurgie de 1967 à 2017

Galerie de portraits

1876-1947

Georges François Leclerc naît à Verdun sur le Doubs, en Saône-et-Loire, le 11 Décembre 1876, au sein d’une famille bourguignonne.
Après de brillantes études au lycée Condorcet de Dijon, il s’inscrit à la faculté de médecine de Lyon.
De retour à Dijon en 1906, Georges François Leclerc gravit peu à peu les étapes qui le conduisent aux postes de chef de service hospitalier, de professeur de clinique chirurgicale et de directeur de l’école de médecine, de 1924 à 1945.

Georges-François Leclerc apparaît comme une force de la nature, doué d’un solide bon sens de l’humain. Ouvert à toutes les sollicitations de l’esprit, notamment en musique et en littérature, il cache sous un comportement volontiers bourru, une grande bonté et une compréhension attentive, ainsi qu’une certaine timidité. Il forme avec l’équipe universitaire dijonnaise, toute une pléiäde de médecins et de chirurgiens qui se fixent en Bourgogne ou parcourent la FRANCE voire traversent ses frontières.

Sa curiosité intellectuelle inépuisable, sa technique opératoire lente et précise, le conduisent à aborder la plupart des lésions tumorales. Il ne dédaigne pas non plus d’approfondir des sujets tels que les meilleures conditions préopératoires du lavage des mains, les besoins de la transfusion sanguine ou l’anesthésie en circuit fermé. Nommé membre correspondant de l’Académie de Chirurgie et de la Société Internationale de Chirurgie, il meurt à Dijon en 1947, après une courte maladie et 41 années d’une activité débordante dans sa ville.

Pionnier de la cancérologie en Bourgogne, il crée la Ligue Bourguignonne contre le Cancer. Sur les conseils de Claudius Regaud et de Pierre Masson, il lui assigne trois objectifs majeurs : – propagande pour inciter les malades à être traités de bonne heure et convaincre que le cancer est guérissable – instauration d’un Centre d’études scientifiques du cancer – organisation d’un centre de diagnostic et de traitement du cancer.

Information, recherche, traitement … Le professeur Georges-François Leclerc pose les jalons de ce que deviendra plus tard le Centre Régional de Lutte Contre le Cancer. Il est donc juste que ce Centre lui soit dédié.

Georges-François Leclerc
De 1966 à 1983
Fondateur du CGFL

Né en 1920 à Rouvres-en-Plaine, il devient Docteur en médecine à la Faculté de Lyon en 1944. D’abord médecin de campagne, il s’initie à l’histologie et à l’anatomie pathologique et crée une école d’anatomie pathologique.

Sa carrière hospitalo-universitaire est à l’image de cet homme. Travailleur acharné, précis, rigoureux, il occupe successivement les fonctions de :
– Chef de Clinique de 1948 à 1958
– Chargé de cours d’histologie et d’embryologie (1951-1958)
– Maître de conférences agrégé en 1955
Professeur titulaire de la Chaire d’anatomie pathologique de Dijon (1960-1975)
– Chargé de cours à l’Université Laval du Québec (1963-1980)
Professeur de carcinologie nommé en 1975
Directeur de l’École de médecine et de pharmacie de Dijon (1965-1967).
Il gère la construction de la nouvelle Faculté de médecine, dont il devient le Doyen (1967-1973), puis celle du Centre Georges-François Leclerc, dont il est nommé Directeur dès 1958.

Il deviendra aussi Président du Conseil d’administration de la Fondation Curie à Paris (1974-1981) et Président de la Fédération Nationale des Centres de Lutte Contre le Cancer (1973 à 1982).

Le professeur Cabanne est décédé le 21 septembre 2003. L’extension de l’hôpital de jour du CGFL a été baptisée Aile Ferdinand Cabanne en son hommage.

Ferdinand Cabanne fondateur du CGFL
1967 à 1977
Secrétaire générale

Née en 1910,  » Mademoiselle Bouchard « , comme chacun l’appelait, était infirmière. Elle a joué un rôle essentiel dans la création et le fonctionnement du CGFL de 1967 à 1977, date de son décès. Elle supervisait les dossiers administratifs, gérait le personnel et, avant que la fonction ne soit définie, tenait le rôle de Secrétaire générale (fonction devenue celle de Directeur adjoint) auprès du directeur. Le CGFL doit beaucoup à son sens aigü de l’organisation, à sa rigueur et à son dévouement sans limite.

Evelyne Bouchard ancienne secrétaire générale
1976 – 2008
Responsable de département

Chef de service des consultations, Responsable du département d’oncologie médicale et de la coordination des soins de support

Après des études en Faculté des sciences, Pierre Fargeot se destine à la médecine et devient Interne des Hôpitaux de Dijon (1972), puis Chef de clinique-assistant en cancérologie (1976), avant d’être nommé Chef de service des consultations au Centre Georges-François Leclerc de 1981 à 1998, puis Responsable du département d’oncologie médicale et de la coordination des soins de support.

Le Dr Fargeot, premier élève du Pr Jacques Guerrin, Directeur honoraire du Centre Georges-François Leclerc, a participé à la création de l’oncologie médicale à Dijon et a approfondi sa formation aux États-Unis.

En sa qualité de médecin d’un Centre régional de Lutte Contre le Cancer, il a contribué activement aux missions de soins, de recherche et d’enseignement de son établissement. Il fut l’un des piliers du groupe des oncologues médicaux de la Fédération Nationale des Centres de Lutte Contre le Cancer. Son expertise en cancérologie urologique, unanimement reconnue, le conduit à être nommé en 1981 Secrétaire du groupe urologie.

Pierre Fargeot ancien responsable département
1977 à 1991
Secrétaire Générale

En 1969, elle est Secrétaire à la direction du CGFL, avant de devenir cinq ans plus tard, Adjointe à la Responsable des services administratifs.
De  » Chef de bureau, chargée de la coordination administrative « , elle passera aux fonctions de Secrétaire générale jusqu’en 1991, année de son décès prématuré à l’âge de 46 ans.

Madeleine Laffage ancienne secrétaire de direction
1982-2000
Chef de service

Claude Mottot fait ses études de médecine à Dijon. Interne des Hôpitaux de Dijon (1971), il obtient sa spécialité d’Anatomie et cytologie pathologiques en 1979. Nommé Chef de service en cytopathologie au Centre Georges-François Leclerc en 1982, il assure le contrôle de la cytologie au laboratoire d’Anatomie pathologique du CHU de Dijon, et est nommé Maître de Conférences des Universités Praticien Hospitalier en 1988.

Le Dr Claude Mottot était l’un des chefs de file de la Cytologie française et un expert international reconnu par ses pairs. Après des stages à Genève et à Québec, il crée à Dijon en 1975 (avec le Doyen Ferdinand Cabanne et le Pr Robert Michiels) la première École française universitaire de cytologie qui depuis lors, a formé plus de 200 cytotechniciens et acquis une réputation qui dépasse nos frontières. La qualité et le prestige de cette filière font aujourd’hui référence et autorité.

Claude MOTTOT a également participé très activement à la formation continue post-universitaire des personnels des laboratoires.

Membre des Sociétés scientifiques et professionnelles nationales et européennes et de l’Académie Internationale de Cytologie, acteur de nombreux cours et conférences en France et à l’étranger, le Dr Mottot fut un ardent et précoce défenseur du concept de la transformation cancéreuse des lésions virales du col utérin, aujourd’hui démontré, et en passe de révolutionner la prévention et le traitement de cette affection.

Il a participé très activement à la codification nationale des lésions anatomopathologiques, à la création d’une imagerie en cytologie et à la constitution de l’Association Française d’Assurance de Qualité en Anatomie Pathologique. Fin 1999, il devient le Président du Comité départemental d’Éducation pour la Santé en Côte d’Or.

Il nous a quittés en 2000, victime d’un tragique accident de la circulation.

Claude Mottot ancien chef de service
De 1983 à 1999
Directeur du CGFL

Né en 1934 à Dijon, Jacques Guerrin y suit ses études de médecine et obtient un prix de thèse à la Faculté de médecine de Lyon en 1963. Tout d’abord médecin généraliste et Chargé de cours de thérapeutique, il sera nommé Chef du Service de médecine au CGFL dès son ouverture.

Sa brillante carrière universitaire le conduira aux fonctions de :
Doyen de la Faculté de médecine (1979 à 1983) ;
-Directeur adjoint du CGFL en 1975 ;
Professeur titulaire de la Chaire de cancérologie (1983) ;
Directeur du CGFL (1983 à 1999) ;
Secrétaire général de la Fédération des Centres de Lutte Contre le Cancer (de 1988 à 1992) ;
Co-fondateur de la Société Française du Cancer ;
-Membre, en tant qu’expert agréé de thérapeutique, de l’OERTC (Organisation Européenne de Recherche pour le Traitement du Cancer et de l’European Society for Medical Oncology.

Dans le cadre de ses fonctions universitaires, il s’est attaché à développer la spécialité d’oncologie médicale. Doublement qualifié en Médecine Interne et en Cancérologie, son service était terrain de stage pour les étudiants désireux de se spécialiser. Il accomplit plusieurs missions d’enseignement à l’étranger au Canada, Mexique, Uruguay, Argentine.

Le professeur Jacques Guerrin est décédé à Dijon le 1 janvier 2014.

Jacques Guerrin ancien directeur du CGFL
De 1999 à 2007
Directeur du CGFL

Né en 1941 à Vannes, Docteur en médecine à Lyon en 1965, Jean-Claude Horiot fait partie de la première équipe médicale du CGFL comme Assistant de radiothérapie dès l’ouverture des activités cliniques en juillet 1966.

Après trois ans au M.D. Anderson Hospital and Tumor Institute de Houston (USA), il est nommé Professeur de radiothérapie en 1972, puis Chef du service de radiothérapie du CGFL en 1983, avant d’accéder en juin 1999 à la fonction de Directeur, poste qu’il occupe jusqu’en mars 2007.

Le Pr Horiot a créé à Dijon une École de radiothérapie oncologique renommée et a développé la recherche coopérative internationale en radiothérapie oncologique, de même que la recherche multidisciplinaire.

Son investissement en matière de recherche européenne l’a conduit aux fonctions de :
-Co-fondateur de l’ESTRO (Société européenne de radiothérapie oncologique), de la FECS (Fédération européenne des sociétés de cancérologie) et Président de ces deux organisations ;
-Président de l’ISRO (Société internationale de radiothérapie oncologique) de 1993 à 1997 ;
Président de l’OERTC (Organisation Européenne de Recherche et Traitement des Cancers de 1997 à 2000.

En 2008 il quitte Dijon pour devenir Consultant en radiothérapie oncologique en Suisse.

Jean Claude Horiot ancien directeur du CGFL
de 2007 à 2017
Directeur général du CGFL

Né en 1951 en Vendée, Pierre Fumoleau obtient son diplôme de Docteur en médecine en 1979 à Nantes où il effectuera son début de carrière avant d’arriver à Dijon en janvier 2004, pour assumer la responsabilité du Département d’Oncologie Médicale et de l’Unité de Recherche de Transfert, son domaine de prédilection. Nommé Professeur en oncologie médicale à l’Université de Bourgogne (PUPH) en 2005, il devient Directeur général du CGFL à compter du 1er avril 2007 et le restera pendant 10 ans.
Expert internationalement reconnu du développement précoce de nouveaux agents anticancéreux, en particulier pour le cancer du sein, il est un membre actif de plusieurs groupes, notamment de l’Institut National du Cancer (INCa) et de l’Organisation Européenne de Recherche et Traitement du Cancer (EORTC) et intervient en tant que rapporteur à la Haute Autorité de Santé (HAS).
Membre du bureau de la Fédération Unicancer, où il a successivement occupé les fonctions de Vice-Président en charge de la recherche clinique, de Secrétaire Général et plus récemment, de Président du groupe transversal de veille et de réflexion sur l’environnement des CLCC, il sera par ailleurs membre de la Commission spécialisée de l’Organisation des Soins (CSOS) et Pilote du parcours en cancérologie auprès de l’Agence Régionale de Santé de Bourgogne.
Sa forte implication dans l’Université de Bourgogne et dans plusieurs instances (Grand Campus, conseil académique de la Communauté d’Universités, Groupement d’Intérêt Scientifique, Consortium I-Site UBFC…) lui vaudront d’occuper la Présidence du Conseil Scientifique de Pharmimage, et celle de la Fondation de Coopération Scientifique (associant les Universités et établissements universitaires et CHU de Bourgogne Franche Comté et l’Etablissement Français du Sang).

Pierre Fumoleau, est également Président de Matwin (Maturation & Accelerating Translation With Industry).

 

Pr Pierre Fumoleau